le projet d'espace culturel à Chamonix

Publié le par Isabelle Madesclaire

Jeudi dernier 22 avril la mairie a tenu une réunion publique pour l'implantation du nouvel "espace culturel" à Chamonix.
Il s'agit d'un centre d'accueil culturel pouvant accueillir 700 places, modulable pour des séminaires ou réunions d'associations.
Le projet a été délesté de l'auditorium et de l'école de musique, qui trouveront place ailleurs, ce qui lui donne une dimension plus ingérable dans la ville.

L'article du Dauphiné Libéré du 24 avril relate fort justement la présentation du projet.

Le débat dans la salle mérite toutefois un peu plus de mention.
Du point de vue du programme, les associations utilisatrices, consultées auparavant, ont en gros confirmé qu'elle se trouvaient en accord avec ce projet. On comprend que la fonction Congrès prend de l'importance dans la vallée, et la réponse aux demandes de petites salles dépendra de la modulabilité.
Quant au choix du site, parmi les 5 présentés, il paraît évident que c'est celui de la place du Mont-Blanc qui est le plus adapté. Avec une difficulté d'intégration architecturale évidente, que j'ai soulignée.
Une proposition fort intéressante a été soulevée par l'architecte Christophe de Laage, qui part du principe d'une réutilisation des bâtiments existants : caserne des pompiers, coupoles du centre sportif et culturel.
Cette option conduit à prospecter un scenario 6, et l'idée n'en a pas été écartée par le maire Eric Fournier.

J'ajoute qu'on est sorti heureux de la réunion publique, car l'atmosphère était détendue et la parole apparemment libre.

Nous nous sommes retrouvés le lendemain avec Christophe de Laage, pour une visite de ce site que vous connaissez tous, des coupoles au parc Couttet, en conjuguant l'oeil de l'urbaniste et de l'architecte.
Pour moi, ce fut un plaisir de voir que la jeune génération appréciait cette architecture de Roger Taillibert, prestigieux avant'gardiste en 1970, étrange à Chamonix, que le public local avait été peu nombreux à saluer à l'époque (1).


Naturellement, une politique de réutilisation des équipements est conforme aux orientations actuelles, tant pour l'urbanisme que pour l'environnement. Aussi, après ce tour de piste, je pense que ce 6ème scenario pourrait vraiment être mis à l'étude pour compléter la démarche conceptuelle et en prolongement de celle-ci. Bien sûr il faut prendre la mesure des possibilités techniques  - et celles-ci semblent structurellement très larges.

Christophe de Laage et moi-même concoctons chacun des propositions sommaires, Pascal de Maupeou ajoutera son vivifiant grain de sel, nous vous les enverrons prochainement.

C'est pour le plaisir de réfléchir ensemble!

Isabelle Madesclaire

urbaniste

 

(1) Ici, il faut insérer la réaction en verve de Denis Ducroz, qui propose immédiatement d'évaluer la "coupolabilité" de la vallée -  inspiré par la  "modulabilité" de ma prose. OK Denis!


Publié dans Urbanisme - PLU

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stéphane 15/06/2010 17:46



Les coupoles c est une époque, la caserne des pompiers c est aussi une époque.


Conserver est un geste actuel, une mode. C est quelque fois justifié mais souvent injustifié parce qu' inadapté à un programme, une situation. Et le projet mentionné dans votre article, il est d
avoir recours à ce conservatisme. La caserne des pompiers est un bâtiment qui a fait son temps, qui n a pas d'interets particuliers donc pourquoi le garder pour en faire autre chose?les coupoles
ont un intérêt architectural audacieux, c est pour cela qu il faut les conserver, les adapter aux exigences de notre époque. Mais la caserne.....Soyons audacieux, comme Taillibert, rasons la
caserne et proposons autre chose.



denis ducroz 25/04/2010 23:42



Isabelle, tu me fais rire.
N'ayant pas pris le temps de me rendre à cette réunion, je ne vais pas" la ramener" par quelque commentaire que ce soit. Mais ton discours d'urbaniste a quelque chose de rigolo que tu me
pardonneras de relever.
Premièrement, ta discipline te donne la liberté d'inventer des néologismes charmants: ainsi, la modulabilité est à l'architecture ce que la cramponabilité est à l'escalade glaciaire. Moi,
personnellement ça me va.
Mais es tu sure -et c'est le deuxièmement- que ce terme soit ingérable par les manuels d'alpinisme quand on sait que le grimpeur qui merdoie devient totalement ingérable en matière de
vocabulaire, nom de Zeus?
Sache que ce sera toujours un plaisir pour moi de conjuguer avec toi l'oeil de l'urbaniste et celui du plaisantin tant que tu ne me demanderas pas d'encenser la coupolabilité des fonds de vallée.
Mais bon, tout se discute.
Denis