le projet d'espace culturel à Chamonix dans la rigueur budgétaire ?

Publié le par Isabelle Madesclaire

Plan Chm Vallot 1927Le projet d'espace cuturel a été approuvé au Conseil municipal du 30 avril dernier, comme le relate l'article du Dauphiné Libéré en lien ici. Grande décision : cet espace cuilturel sera sur la place du Mont-Blanc, c'est un grand tournant pour la vie chamoniarde. Autre caractéristique: il devrait avoir un volume à construire de 2800m2 SHON, chiffe sur lequel il fut insisté au conseil, plus que lors de la réunion publique. Enfin, une architecture "transparente" est espérée.

Nota : Sur 2 niveaux cela ferait 1400m2 au sol. Pour occuper moins de sol il faudrait construire un niveau supplémentaire, sans doute en dessous de la salle de spectacle-congrès? Celle-ci, d'environ 1000m2 pour 700 à 800 places, est fermée et ne saurait donc proposer de transparence. Pour éviter les façades aveugles on peut construire les autres locaux accolés et ouverts sur l'extérieur, selon la forme d'un îlot urbain en quelque sorte. Mais bien sûr cela crée une épaisseur.

C'est pour réduire au mieux les volumes à construire sur la place du Mont-Blanc, que nous avions émis la suggestion de réutiliser les coupoles de Chamonix-Nord (cf notre proposition). Il s'agirait d'examiner si elle pourrait constituer une alternative, en raison d'un cumul d'avantages :

- un volume adapté à la fonction : déjà fermé, totalement évidable, large accès possible sur le devant

- des économies d'énergie substantielles à réaliser grâce aux travaux de réhabilitation - travaux à effectuer en tout état de cause.

La réponse du Maire, lors de ce conseil municipal, a souligné que l'importance du projet était incompatible avec son implantation dans les coupoles, et que celle-ci étaient de toutes façons déjà utilisées. Toutefois la porte ne serait pas fermée aux réflexions à l'occasion de l'étude à engager.

 

Quelques jours après ce conseil, le 5 mai, est tombée l'annonce spectaculaire par le premier ministre François Fillon du gel des dépenses publiiques pendant 3 ans. A vrai dire, la rigueur budgétaire était prévue depuis janvier dernier. iI va falloir s'y faire! Quels seront les critères de choix pour limiter l'endettement public :  peser sur le secteur social, limiter les gabegies territoriales, freiner les investissements?

Hier sur France Culture au matin on pouvait entendre l'économiste Yann Moulier-Boutang, directeur de la revue Multitudes,  parler d'une "pollinisation" de l'économie, concept audacieux qui désignerait une optimisation par la culture et les choix environnementaux. Ne désespérons donc pas.

Il est vrai que les projets territoriaux les plus dispendieux devraient logiquement être visés par ce tournant budgétaire.

Un exemple : la récente suspension des travaux préliminaires à l'opération des Halles, menée par l'assocation Accomplir, peut apparaître comme prémonitoire, même si elle n'est que provisoire. La question posée au fond est celle de l'intérêt public, ou "général", d'une opération immobilière approchant le milliard d'€ pour un programme essentiellement commercial, comprenant  de surcroît un délaissement de terrain public.

Autre exemple, d'ampleur nationale : en Haute-Savoie de nombreuses voix s'élèvent pour souligner le gouffre financier que représentent les investissements pour les Jeux Olympiques de 2018, pour des réalisations immobilières sur les derniers grands espaces agricoles de la plaine de Passy et de la vallée de l'Arve. Faudra-t-il encore aggraver le déficit public pour ce résultat? Les réactions portées par le Comité Anti-Olympique (CAO) sont rejointes par des agriculteurs locaux, un comité d'zction locale "Touche pas à la plaine de Passy" est créé. 

 

Bien entendu, le projet d'espace culturel à Chamonix n'atteint pas ces hautes sphères. Mais à l'échelle communale, il est important. Son mode de financement n'est pas encore connu. Espérons qu'il observe les principes de saine économie en bon chef de famille : investir d'abord pour diminuer les dépenses de fonctionnement, mettre des recettes en face, construire en énergie passive, viser la "rentabilité " sociale et environnementale. Bref, un vrai projet culturel de société "pollinisée"*. 

 

Isabelle Madesclaire

 

* Une pensée pour l'Abeille de Chamonix, revue hebdomadaire d'Eugène de Catelin, alias Stephane d'Arve, parue de 1862 à 1865

Publié dans Urbanisme - PLU

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