UrbaSite et le PPR avalanches

Publié le par Isabelle Madesclaire

chalet-1.jpgCombien de personnes peut-on réellement évacuer par temps de crise avalancheuse? On comprend que les responsables locaux ne veuillent pas s'engager sur cette question, selon l'éditorial du dernier Bulletin municipal de Chamonix. Pour autant la minimisation des risques n'aidera pas à résoudre ce point-clef, qui nous semble guider l'urbanisation future.
Nous avons déposé
une observation en ce sens concernant l'Aléa Maximal Vraisemblable, auprès de Madame Blanc, Commissaire-Enquêteur de l'enquête publique pour le PPR.
Le secteur du Brévent occupe une large partie des observations déposées. Des cas de traitement inégal, souvent jugés trop sévère, suscitent questions ou colère. Attendons les conclusions de la commissaire, qui y apportera toute sa belle énergie.

 lire l'observation

le site de l'expert Richard Lambert

voir aussi l'article de Richard Lambert sur la gestion des risques au symposium Interpraevent 2004



Une question : est-il vrai, comme beaucoup le pensent, que le durcissement du zonage des avalanches vise à empêcher toute nouvelle ouverture de terrains à la construction?
Pour ma part, je ne pense pas que cela soit ainsi - ce serait prendre des chemins tortueux pour un mauvais résultat. Il faudrait nuancer, discerner les causes principales et les cas particuliers.
L'aléa maximal vraisemblable AMV
couvre en théorie une zone d'avalanche de poudreuse peu fréquente mais à fort potentiel destructif. Espérons que ce ne soit pas toujours le cas!  Mieux vaut en tous cas s'en assurer, au moins pour sa propre sécurité. Par exemple : un aléa AMV couvre par endroits la route principale, lieu par excellence d'enjeux de fréquentation, donc à risque. Logiquement l'existence d'un risque devrait entraîner des mesures de précaution pour les personnes, selon l'estimation de sa gravité. Or les zones règlementaires laissent parfois cet aléa de côté, et ne le transcrivent pas.
Qui donc sera responsable en cas d'accident? Et, au-delà de la question de la responsabilité, comment ne pas craindre qu'un accident se produise un jour?

voir l'article sur la réunion de l'AIRAP le 2 août 2007 à Cjamonix

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Publié dans Risques Naturels

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J
Commentaires de l'AIRAP, Association pour l'information sur les risques d'avalanches et leur prévention, sur ce sujet d'une actualité extrème:  Dans sa présentation publique organisée par l’AIRAP le 2 août 2007 à Chamonix, l’expert en avalanches Richard LAMBERT a fait plusieurs constats sur le projet de PPR Avalanches. Entre autres, il a pointé des inégalités (le terme est édulcoré car il s’agit souvent d’incohérences) de traitement et d’appréciation. En fait, des secteurs ont été traités très sévèrement et d’autres beaucoup moins sans raison objective. Cela a été démontré par quelques exemples concrets, choisis en divers sites de la Vallée :Chalets classés en zones blanche, ou bleue au droit de couloirs d’avalanches évidents ou encore quartier classé en zone bleue B (aérosol d’avalanche seul) alors que des photos montrent sur ce site un culot d’avalanche de neige dense de plus de 10 mètres d’épaisseur.A l’opposé, des secteurs où le risque a été nettement surévalué ; l’exemple donné aux Moëttieux avec deux talwegs convergents d’avalanche alors qu’il n’en existe qu’un seul capable de produire un aléa fort. Autre constat : la disparition de l’AMV des cartes réglementaires, qui est une décision politique, entraîne une perte d’informations préjudiciables à la sécurité. Or, issu des décisions post Montroc, ce concept de l’AMV était très important. Le maintien de ce concept est d’ailleurs un combat prioritaire pour l’AIRAP , soutenu par R. Lambert qui avait lui-même fait une proposition dès 2002, rendue publique lors d’une communication en 2004. 3ème constat , sur une décision nationale cette fois : « là où il n’y a pas d’enjeux, on n’augmente pas les enjeux ». Des terrains non construits à ce jour et classés en aléa moyen  sont ainsi rendus inconstructibles, zone rouge X. Cette décision apparemment sécuritaire a deux conséquences claires : la spoliation vécue par les propriétaires concernés, et le manque de clarté, voire de logique, puisqu’une zone rouge jouxte la zone blanche. Sans transition, on passe d’une zone à fort risque d’avalanche à la zone présumée sans risque… et constructible.Ici encore il a été montré, en présentant en parallèle carte d’aléas et carte règlementaire d’un même site , que cette décision , conjuguée à la disparition de l’AMV , gomme la lisibilité réelle du risque. Depuis le drame de Montroc, a-t-on vraiment progressé en matière d’affichage et de gestion du risque ?
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R
En tant qu'expert en avalanches, je rejoins tout à fait vos propos. La non prise en compte de l'AMV aggravera les risques et accentuera les potentielles responsabilités. Refuser l'AMV parce que l'on ne sait pas le gérer est irresponsable et peut avoir des conséquences graves. Rappelons aussi que la faible fréquence de retour d'un phénomène n'implique pas une diminution du risque, bien au contraire ! (cf. Montroc, ou Galtür en Autriche). Selon moi, vos trois questions posées demandent des réponses rapides et claires de la part des services de l'Etat comme des élus concernés.Richard Lambert
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C
Excellente réflexion et document sur les risques pour la population très intéressant.  En cas de risque d'avalanches prévues il me semble que déjà on ne peut évaluer le temps nécessaire pour évacuer les population. Compte-tenu des changements climatiques et de la multiplication des risques naturels qui va prendre la responsabilité d'une catastrophe ?  Ceci doit impérativement être inclus dans le PDU et vos observations sont très justifiées.amicalementchantal
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