Annulation de la sortie d'Argentière : un recul routier ?

Publié le par Isabelle Madesclaire

On apprend, grâce à un article très complet du Dauphiné Libéré du 24 février et à Radio Mont-Blanc, qu'une annulation du projet de sécurisation de la sortie d'Argentière par deux galeries en tunnels entrecoupées d'un pont (d'un coût prévisible de 20 à 30M€) pourrait prochainement être prononcée, si les conclusions du commissaire du gouvernement sont suivies par le tribunal administratif.

Vx Four scan-DL-24-2-2010-rotatedLe plan publié dans l'article du Dauphiné montre les variantes du projet initial, et fait figurer en outre une nouvelle option qui emprunterait le chemin du Vieux Four, que le maire Eric Fournier indique souhaiter sans tarder.
La logique de cette nouvelle option est d'éviter de réaliser la galerie de la Fis en utilisant une grande partie du chemin du Vieux Four,  et de poursuivre celui-ci par une galerie en face de l'avalanche du Nant, sous la voie ferrée.

Le but des élus est en effet de sécuriser l'accès routier pour rejoindre le tunnel de Montroc, dont la rénovation prochaine permettra d'améliorer le passage de voitures en épisode avalancheux, en alternance avec le train. Cette tranche de la rénovation de la ligne, qui coûtera 17 M€, devrait être  réalisée prochainement.

Le maire annonce qu'une déclaration d'utilité publique sera sollicitée pour acquérir tous les terrains nécessaires sur le chemin du Vieux Four , afin d'assurer la continuité routière jusqu'à Vallorcine.

Attendons la réponse de l'Association du chemin du Vieux Four, dont l'argumentation sur l'exposition aux risques, qui justifiait l'opération, serait semble-t-il en passe d'être entendue. Il est instructif d'entendre tous les sons de cloche.


Pour ma part je voudrais ici m'attacher à une idée d'ordre général évoquée par le maire, selon lequel il faudrait "envisager toutes les hypothèses pour assurer une continuité routière sécurisée entre Argentière et le Tour puis Vallorcine..." Une telle réflexion paraît très salutaire, et consolatrice.
Parmi ces hypothèses,  trouvera-t-on celle d'une alternance voiture - train à partir d'Argentière, à l'instar de la rénovation du tunnel Montroc-Vallorcine ? Nous sommes en accord sur ce point avec les principes du développement durable, que poursuit également l'Association du chemin du Vieux Four. Il faudrait connaître la faisabilité d'une telle solution et son surcoût par rapport à la rénovation de la ligne déjà programmée (cf le débat organisé par UrbaSite en août 2008).
L'avantage de la solution alternée, si elle est encore possible techniquement, est évidemment d'économiser le double investissement d'infrastructures lourdes, sur la voie ferrée et sur la route.
Et grâce à l'alternance, tous les déplacements, y compris en voiture,  bénéficient en période avalancheuse de la sécurité optimale de la ligne ferroviaire.
C'est une question d'optique, de priorités, de comportement. Si on se projette dans l'avenir, à Chamonix comme ailleurs, on pressent bien que la route ne sera plus forcément la seule reine de la mobilité, et que la voiture sera utilisée avec la souplesse du choix alternatif. Ce d'autant plus  sous la contrainte des crises neigeuses.
Dans la durée, le PLU de 2006 prévoit de desservir par le train les pôles et les zones d'habitat de la vallée. Ainsi ce train pourra servir véritablement d'épine dorsale des déplacements. Ce n'est pas pour demain, bien sûr. Il reste bien des points où une création de ligne sécurisée est nécessaire, par exemple jusqu'au Tour. Faut-il pour autant baisser les bras?
"C'est cher, c'est très cher", nous avertissait le président de la communauté de communes Patrick Dole (Lettre d'UrbaSite n°3) . Il a forcément raison.
Mais le
présent dilemne montre combien plus cher encore, à long terme, il en coûte à la collectivité de se lancer dans des investissements doubles et concurrentiels, pour la route et pour le rail.
Isabelle Madesclaire
urbaniste

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Publié dans Déplacements

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